Petit Vampire

Adapté de la bande dessinée de Joann Sfar, Petit Vampire est le dernier film que nous avons vu au cinéma avant que les salles ne ferment.

Et c’est le premier film que je vous conseille de regarder dès que les cinés réouvriront enfin, un jour, peut-être, qui sait, allons bon, diable diable !

Petit Vampire, si vieux et si naïf

Petit Vampire n’est pas un vampire de petite taille mais un enfant-vampire. Un peu comme Claudia dans un Entretien avec un vampire mais en plus sympa.

Petit Vampire

Notre héros aux dents longues habite dans un immense manoir hanté par moult créatures surnaturelles. Cela fait 300 ans qu’il a dix ans et qu’il passe ses nuits à regarder des films en compagnie d’une joyeuse bande de monstres. Et malgré cette vie à faire pâlir d’envie n’importe quel goth, il s’ennuie comme une épluchure d’ail derrière une malle. Petit Vampire aimerait aller à l’école et se faire des copains de son âge.

Et là dans la salle, j’ai une soudaine envie de hurler « Reste chez toi, malheureux ! Tu seras ainsi épargné par le reboot de Denver et le retour en force des vestes patchwork des années 1990. »

Mais sa mère Pandora et le Capitaine des morts sont contre car à l’extérieur une menace terrible se profile à l’horizon, le terrifiant Gibbous. Cette face de lune, comme son nom l’indique, cherche à capturer Pandora.

Malgré les avertissements de ses parents, Petit Vampire s’éclipse du manoir en compagnie de son chien volant Fantomate, un bouledogue français rouge avec un fort accent méridional. Les deux compères se faufilent dans une école. Les classes sont vides. Alors Petit Vampire décide de faire les devoirs d’un garçon prénommé Michel.

Petit Vampire en plus d’être naïf et quand même sacrément sympa. Connaissez-vous beaucoup de gamins prêts à faire les devoirs des autres ? Personnellement, et si j’avais eu les pouvoirs de Petit Vampire, j’aurais préféré piéger toute l’école : cellophane sur les toilettes, colle sur les poignées, changement des mots de passe sur les ordis, un pied en moins sur toutes les chaises…

Bref, Michel et Petit Vampire entament alors une correspondance à l’aide du cahier d’exercices. Puis une nuit, Petit Vampire se rend au domicile de Michel et l’emmène visiter sa demeure. Et c’est ainsi que les aventures commencent…

Joann Sfar, talentueux et cultivé

En général j’ai beaucoup de mal avec les films d’animation français. Outre quelques petites pépites, je les trouve moralisateurs, mal dessinés, fades, avec des histoires vues et revues…

Petit Vampire

Cependant, telle une femme enceinte devant un champs de fraises, j’avais une envie irrésistible d’aller au cinéma avec toute la famille. J’ai alors dépassé mes craintes. J’ai saisi la main des et j’ai poussé timidement la porte de la salle obscure. Tiens, je n’ai pas déclenché le rire diabolique de Karaba, la sorcière de Kirikou. ouf !

Et je ne regrette en rien d’avoir dépassé mes aprioris, car j’ai découvert une très belle histoire d’aventures et d’amitié ainsi qu’un auteur brillant. En plus d’avoir un joli coup de crayon, Joann Sfar possède une grande culture cinématographique qu’il a distillée de manière intelligente et subtile dans son film. Ce qui rend Petit Vampire à la fois distrayant pour les enfants mais aussi pour les adultes. Et le tout sans clichés et avec une bonne dose d’humour.

– J’ai perdu mes parents.
– Ah bon ? tu les as mis où ?
– Ah ! T’es rigolo. « Perdu mes parents » c’est une expression ça veut dire qu’ils sont morts.

Ça sent bon la Provence !

L’histoire ne se déroule pas dans un Paris idyllique où l’on verrait Petit Vampire survoler une ville propre et sans bouchon. Avec une jeune américaine, tiens on l’appellerait Emily, en arrière plan en train de faire son shopping.

Petit Vampire

Je remercie infiniment Joann Sfar de nous épargner le nombrilisme parisien et leur vision fantasme et illusoire de leur ville.

L’histoire se passe donc dans une petite ville sur la côte méditerranéenne et offre une ambiance estivale, détendue et agréable.

J’ai adoré les dessins ainsi que le choix des couleurs pastels. À la fois minutieux et détaillés pour les décors, puis simples et ronds sans être grossiers pour les personnages. Cela donne un style très timburtonnesque au film.

Encore meilleur que Steven Spielberg

Joann Sfar est un vrai cinéphile et tout son film transpire de références cinématographiques : Guillermo del Toro, Tim Burton, Disney, Tobe Hooper… Et en plus il y arrive bien mieux que Steven Spielberg qui s’est cassé les dents sur Ready Player One.

On trouve plein de détails dans les décors. Notamment la demeure dans laquelle vit Petit Vampire qui semble tout droit sortie de l’appel de Cthulhu avec son architecture de style colonial ainsi que le bayou louisianais autour. Ou encore les posters de vieux films dans la chambre de Michel.

Mais aussi dans certaines scènes comme quand Michel tel Indiana Jones est poursuivi par une énorme boule de pierre.

Et bien évidement dans le style des personnages, tout le monde reconnaitra le célèbre Nosferatu dans les traits fins de Petit Vampire.

Drôle de voix pour un capitaine !

Concernant le doublage, j’ai l’habitude de pousser des cocoricos bien chauvins, car je trouve que nous avons les meilleurs doubleurs au monde. Oui je sais rien que ça.

Le capitaine des morts

Mais attention je dis bien doubleurs et non comédiens qui s’essaient au doublage le temps d’un film. Alors évidement je n’ai pas du tout accroché au fait que Jean-Paul Rouve prête sa voix au capitaine. Je trouve que ça ne colle pas du tout au personnage, bien souvent ça sonne faux et en plus la voix de Rouve est quand même très reconnaissable et on ne peut s’empêcher de penser aux Robins des Bois ou pire aux Tuches. Personnellement j’aurais préféré entendre Jeremie Covillault, Lionel Tua ou encore Bruno Choël qui ont des voix à la fois douces et puissantes.

Mise à part ce petit bémol, Petit Vampire reste un très bon film à découvrir en famille. Un conte pour enfants et grands enfants amoureux d’histoires épiques, d’humour piquant et de personnages attachants.

Qu’en est-il de la BD Petit Vampire ?

Après la découverte de Petit Vampire, nous avons voulu poursuivre ses aventures à la maison. J’ai donc acheté les deux premiers tomes de la BD qu’il nous arrive régulièrement de lire le soir au moment du coucher.

J’adore m’amuser à reprendre les différentes voix du dessin animé. Ce qui provoque à chaque fois l’hilarité chez les et le mâle alpha. En particulier quand je prends la voix gutturale et méridionale de Fantomate. Oui je sais je n’ai pas la voix de mon physique…

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